Les chercheurs du Centre Hospitalo-Universitaire Hadassah ont utilisé avec succès des cellules souches embryonnaires humaines (HESC) chez l’animal pour arrêter la détérioration de la rétine, cette mince couche photosensible tapissant le fond de l'œil. C’est une étape importante dans l’utilisation future des HESC pour traiter les maladies dégénératives de l’œil, telle la dégénérescence maculaire liée à l'âge, ou DMLA, qui fait perdre la vue à des millions de personnes au niveau mondial. Cette étude a été menée en greffant des cellules visuelles contenant des pigments dérivées de ces cellules souches. L’épithélium pigmentaire de la rétine (EPR) est une couche de cellules pigmentées située entre les cellules rétiniennes visuelles que l’on appelle les photorécepteurs, et les vaisseaux sanguins nourriciers au fond de l’œil. L’EPR est le soutien essentiel des photorécepteurs de la rétine et indispensable pour une vision normale. La détérioration de l’EPR joue un rôle central dans l’évolution de maladies telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge ou certains types de rétinites pigmentaires. Ces troubles sont associés à une perte progressive de la vue et souvent même à la cécité. « S’il est vrai qu’il existe toute une panoplie de démarches thérapeutiques en cours de mise au point pour retarder le processus de dégénérescence, la triste réalité est que beaucoup de malades perdent finalement la vue, » explique le Dr. Benjamin Reubinoff, Directeur du Centre pour la Recherche sur les cellules embryonnaires humaines à Hadassah et responsable de l’étude. « La thérapie cellulaire, pouvant suppléer aux cellules EPR en voie de dégénérescence, pourrait sans doute arrêter l’évolution de la maladie. » Le Dr. Reubinoff et le Dr. Eyal Banin à Hadassah, qui ont dirigé l’étude avec le concours de leurs collègues du CHU Hadassah, ont mis au point les conditions permettant de guider les HESC vers une différentiation en laboratoire pour devenir des cellules fonctionnelles proches du EPR. Les chercheurs ont constaté que la nicotinamide (vitamine B3, NIC) et l’activine A, un facteur de croissance important, stimulaient la différentiation des HESC vers une forme EPR. Ces cellules proches de l’EPR en provenance des HESC, que l’on identifie grâce à leur pigmentation noire caractéristique, possédaient de nombreuses propriétés biologiques et des marqueurs génétiques spécifiques aux cellules EPR authentiques. Travaillant en collaboration avec Cell Cure Neurosciences Ltd., les chercheurs prévoient maintenant des essais cliniques pour vérifier leurs constatations chez l’animal. Cell Cure Neurosciences Ltd. est une des sociétés de Hadasit Bio-Holdings, une filiale d’Hadasit, l’entreprise de transfert de technologie d’Hadassah. Le Pr. Reubinoff est le directeur scientifique de Cell Cure. Cell Cure s’occupe actuellement de réunir les fonds nécessaires pour faire avancer cette recherche jusqu’au stade des essais cliniques et on espère qu’une transplantation expérimentale des cellules EPR chez l’homme pourrait intervenir d’ici deux à trois ans. La recherche a été partiellement financée par des subventions de la Israel Science Foundation, le Ministère de la Santé israélien et le Yedidut Research Fund.
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